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Psychothérapie intégrative: l'archétype du sauveur

Elisabeth LEBLANC - Psychothérapeute-psychanalyste jungienne. Directrice de l'école de formation en psychologies "Savoir Psy"

S’il est un archétype séduisant, c’est bien celui du sauveur : il est présent dès qu’il est question de s’occuper de l’autre, de prendre part à sa souffrance, de l’aider. Il est actif chez toutes les personnes qui s’engagent personnellement ou professionnellement dans une relation d’aide, de soin, de thérapie ou d’accompagnement.



Psychothérapie intégrative: l'archétype du sauveur
L’aspect lumineux de cet archétype c’est ouvrir son cœur à la compassion et à l’amour. Son aspect d’ombre, c’est la toute puissance qui prend possession de l’autre en l’utilisant pour soigner ses propres blessures narcissiques. Considérer l’archétype du sauveur nous plonge au cœur de nos motivations les plus intimes à désirer nous occuper des autres. S’il peut être tout à fait tentant de le laisser nous posséder, les enjeux sont risqués : c’est laisser notre inconscient affecter nos actes et nos pensées, en "salissant" nos bons mouvements, en s’aliénant avec l’autre dans un rapport de dépendance contraire à nos bonnes intentions. Il est donc essentiel de comprendre ce qu’est l’archétype du sauveur, comment il fonctionne, comment il se construit et comment sortir de l’emprise de son aspect sombre pour laisser son éclat illuminer l’amour que nous avons pour les autres.

L’ARCHÉTYPE DU SAUVEUR

Qu’est-ce qu’un sauveur ?

Généralement, la notion de sauveur est liée à des tendances à porter secours, à solutionner les problèmes de l’autre, à le sortir de sa souffrance, de ses angoisses, de sa dépression, à le protéger, à fournir de l'aide pour améliorer, construire, assister… Elle agit dans les deux sens : sauver l’autre et être sauvé. Nous passons naturellement d’une position à l’autre, selon nos besoins et disponibilités du moment. Dis comme ça, c’est plutôt bien mais il arrive que le problème soit plus compliqué. La position de sauveur peut être utilisée sainement : elle respecte alors à la fois les besoins d’aide et d’autonomie du sauvé et les limites du sauveur. Elle cadre aussi la demande d’être sauvé dans une situation précise et ponctuelle. Elle peut aussi être utilisée d’une façon aliénante, reposant sur des blessures d’enfance du sauveur, qui a besoin de sauver l’autre pour se prouver qu’il vaut quelque chose. Le risque, dans les cas les plus graves, est de rentrer dans une situation aliénante, aussi bien pour le sauveur que pour le sauvé, de dépendance réciproque où les trois rôles sauveur, victime, bourreau sont interchangeables.

Le mythe du sauveur dans le groupe

Le sauveur étant un archétype, on en retrouve l’influence aussi bien chez les individus que dans les groupes. Au sein d’une communauté, le mythe du sauveur naît de la peur dans un climat d’incertitude et de l’espoir en un processus un peu magique de salut. Dans ces moments de désarroi collectif, le besoin d’être sauvé se projette sur un personnage qui, croit-on, détient la faculté de résoudre les problèmes, que ce soit la défense contre un agresseur (De Gaulle en 40, Jeanne d’Arc), ou le rétablissement de l’ordre perdu (Napoléon, Pétain en 40, De Gaulle en 58). On attribue au sauveur des facultés exceptionnelles de réflexion, de décision, de remise en cause, d’action, de stratégie… Le peuple s’en remet aveuglément a` ses décisions. La croyance fondamentale est que lui seul pourra soulager la terreur du peuple devant l’imminence du chaos en en éliminant la cause. A celui qui est désigné (ou qui se désigne lui-même) comme sauveur, le groupe attribue une puissance quasi magique et instantanée. S’il reçoit gloire et pouvoir absolu, il est néanmoins prisonnier d’obligations et de devoirs dont il devra rendre compte. Le rôle du sauveur dans la collectivité – outre de la sauver d’un danger extérieur ou/et intérieur – est de lui redonner espoir, force et vigueur. Quand cet objectif est atteint, alors son rôle est terminé. S’il ne peut quitter cette position de sauveur (à cause des circonstances, de la demande d’autrui qui ne veut/peut se passer de lui, ou de l’identification à l’archétype) il sera sacrifié soit par expulsion (De Gaulle en 69, Napoléon) ou par la mort (Jeanne d’Arc).

Le processus du sauveur

Le besoin d’être sauvé renvoie toujours à un ressenti d’impuissance, de faiblesse et de vulnérabilité devant un danger défini ou pas. Chercher un sauveur c’est demander à un autre de savoir pour soi, de prendre pour soi les bonnes décisions et les assumer, dans un moment où on est complètement incapable de le faire. Comme nous l’a bien démontré l’Analyse Transactionnelle, la situation est triangulaire : le sauveur, la victime (une personne, un groupe, une situation), le bourreau (un ennemi clairement désigné ou pas, une situation interne ou/et externe de danger). Mais les rôles ne sont pas figés. Par exemple, en défendant la victime, le sauveur peut devenir le bourreau de celui qui est désigné comme l’ennemi. Il peut à son tour être mis en situation de victime, et la victime, sauvée, devenir persécutrice ou sauveur à son tour. Les jeux psychologiques rendent la situation d’autant plus confuse que se manifestent toujours des enjeux de pouvoir, de domination et de dépendance. La cause de cette confusion est la situation d’indifférenciation dans laquelle nous place le fait de désigner quelqu’un comme sauveur : on lui délègue le pouvoir de combler nos besoins et nos espoirs de satisfaction. On lui attribue le pouvoir de solutionner nos problèmes, de nous libérer de l’angoisse… comme si c’était nous. Mais lui, dans sa position de sauveur, va le faire selon sa propre vision des choses et non la nôtre. La position de victime ayant besoin d’être sauvée est désespérée. La position de sauveur est une situation impossible. Être sauveur, c’est chercher à échapper à la dépendance de l’attente que l’autre nous sauve en devenant celui qui sauve. On lui donne alors ce qu’on aurait voulu soi-me^me recevoir. Nous sommes dans une situation de projections réciproques qui maintiennent l’illusion que nous sommes tous une seule et me^me personne. D’où l’inévitable échec. Nous ne pouvons sauver personne et personne ne peut nous sauver, si ce n’est nous-mêmes !

Ce que cela donne en psychothérapie

Dans une optique jungienne, l’imago du psychothérapeute telle qu’elle est conçue dans notre société, repose sur plusieurs archétypes :
- archétype de la mère, dans la fonction de contenant, d’accueil, d’empathie, de compassion,
- archétype du père, dans l’autorité (cadre thérapeutique) et dans l’exercice d’un certain savoir,
- archétype du sauveur, du guérisseur susceptible d’enlever le mal, garantir la satisfaction des besoins et le bonheur assuré. Comme tout humain, le thérapeute court le danger d’être manipulé, voire possédé, par les archétypes concernés et se prendre pour ce qu’il n’est pas, oubliant qu’une relation est avant tout l’expression d’une rencontre de sujet à sujet. S’il n’a pas conscience du pouvoir contenu dans l’imago de sa profession, il peut inconsciemment entretenir ou développer encore plus les projections de sauveur faites sur lui (c’est loin d’être rare, surtout en début de thérapie), c’est-à-dire un être possédant une sagesse et des pouvoirs surnaturels, qui va pouvoir le soulager rapidement de toutes ses souffrances.

Le risque pour le psychothérapeute pris dans l’archétype du sauveur est de s’identifier à cette image qui en réalité vient des potentialités du monde intérieur du patient. La conséquence en est l’enfermement de ce dernier dans une relation régressive de dépendance et une prise de pouvoir sur lui. Thérapeute et patient se perdent alors dans une fascination narcissique réciproque où chacun a besoin de l’autre pour se sentir exister (identification projective), la dépendance se jouant aussi bien sur le registre de la séduction que sur le registre du conflit.

CONSTRUCTION DU COMPLEXE DU SAUVEUR

La problématique du sauveur renvoie systématiquement à l’enfance. Si nous sommes concernés, c’est que nous avons été précocement placés dans un rôle de sauveur vis-à-vis de l’un de nos parents. Nous sommes alors enfermés dans un conflit de loyauté qui fait que nous reproduisons les mêmes comportements dans nos investissements adultes. La loyauté est une fidélité inconditionnelle aux règles inconscientes de la famille, qui assigne à chacun une place et une fonction. La loyauté affirme l’existence de ce lien et vise à le maintenir sous sa forme initiale quelle qu’en soit la forme. Si le lien est sain, les positions réciproques vont être souples et les formes de loyauté pourront évoluer naturellement avec le temps (changement des relations parents-enfants quand ceux-ci deviennent adultes par exemple). Si le lien est perverti par de mauvais positionnements (parents très infantiles, enfant responsabilisé précocement ou désigné comme la "poubelle" de la famille, non-dits, secrets de famille… ) la loyauté est confuse, figée dans une forme pathologique immuable qui empêche toute individualisation et tout investissement extra-familial. Les relations sont inscrites dans des formes malsaines complètement inconscientes ou` tout le monde souffre et en même temps que tout le monde entretient.




Rédigé le 16/12/2013 modifié le 16/12/2013

Laurent Gross
Laurent Gross, est Hypnothérapeute et Kinésithérapeute à Paris. Psychothérapeute certifié ARS en... En savoir plus sur cet auteur





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