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Genre du thérapeute et relation thérapeutique. Eloïse Carette

Psychologue clinicienne, je me suis questionnée sur les différences existant entre les entretiens avec des patients hommes et femmes. Est-il différent d’accueillir un homme ou une femme ?
Dans quelle mesure le genre du thérapeute peut-il, de même, influencer la rencontre clinique, la création du lien et l’alliance thérapeutique ? Nous interrogerons la notion de sexe et de genre en jeu dans l’entretien clinique.
Une réflexion sur les mécanismes sous-jacents sera menée en termes d’analyse des éléments transférentiels et contre-transférentiels dans la relation thérapeutique.
Par ailleurs, nous questionnerons les motivations d’un patient à s’orienter vers un thérapeute homme ou femme.



I. Le choix du patient quant au genre du thérapeute

Genre du thérapeute et relation thérapeutique. Eloïse Carette
Choix du thérapeute

Lorsque le patient a l’opportunité de choisir un thérapeute homme ou femme, il formule une préférence. Celle-ci témoigne d’une projection de la potentielle relation transférentielle qui pourra se nouer avec son thérapeute.

La façon dont le patient s’adresse au thérapeute est sous-tendue par la perception de genre. Selon Paul Denis, il s’agit d’un « choix inconscient que fait le patient de s’adresser à son analyste comme à une femme ou comme à un homme, avec certaines caractéristiques. Le ton, la forme des phrases, le choix inconscient de parler de telle chose plutôt qu’une autre est marqué par la perception de genre, inconsciente, à laquelle l’analyste réagit également inconsciemment. Le discours du patient rencontre l’identité sexuelle de l’analyste. »

Le genre influence les relations humaines en dehors de la relation clinique. Selon Anne-Marie Daune-Richard, le genre désigne cet « ensemble de règles implicites et explicites régissant les relations femmes/hommes et leur attribuant des travaux, des valeurs, des responsabilités et des obligations distinctes. Ces règles s’appliquent à trois niveaux : le substrat culturel (normes et valeurs de la société), les institutions (famille, système éducatif et de l’emploi) et les processus de socialisation, notamment au sein de la famille (…). La distinction sexe/genre visait donc à mettre en question la réalité de la puissance explicative du sexe biologique, du lien, jusque-là considéré comme évident et inéluctable, entre les différences biologiques et les différences psychologiques et sociales ».

Paul Denis interroge l’influence de la question du genre dans la cure analytique. Selon lui, le choix spontané d’un thérapeute de même sexe s’expliquerait par la crainte d’une séduction hétérosexuelle ou serait lié à une phobie de l’autre sexe. Ce choix narcissique non assumé par le patient, car inconscient, serait assimilé à un soutien homosexuel inhibé.
Par ailleurs, la crainte d’un rapprochement homosexuel peut pousser un patient vers un analyste de sexe opposé.
Le patient attribue à l’analyste une sexualité hétéro ou homosexuelle. Cette projection représente un fantasme du patient à l’égard de son analyste.

Parfois le patient pourra envisager d’opter pour un thérapeute de sexe différent seulement après avoir déjà effectué un premier travail psychothérapeutique avec un thérapeute de même sexe. Cette étape aura permis de garantir une base suffisamment sécurisante pour que ce changement puisse avoir lieu.

Dans certains cas, le patient peut choisir un thérapeute de même sexe car il se sentira plus en confiance ainsi pour évoquer des questions intimes et afin d’éviter des situations de séduction.
Certaines personnes ayant rencontré des difficultés avec des personnes de même sexe précédemment dans leur vie pourront opter pour un thérapeute de sexe opposé.


23/09/2016
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Laurent Gross
Laurent Gross, est Psychothérapeute et Kinésithérapeute à Paris. Hypnothérapeute, il est Président... En savoir plus sur cet auteur



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