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Bibliothèque des métaphores: les choisir de manière stratégique

Trois cas cliniques pour décrire la pertinence des métaphores et s’en servir comme alliées pour dénouer les problèmes des patients en les présentant sous un nouveau jour.



Bibliothèque des métaphores: les choisir de manière stratégique
CAS CLINIQUE No 1 : DÉMÉNAGER LES LIVRES

« Si j’en suis arrivée là, c’est parce que je ne sais pas dire non », me di t Madame A., 48 ans, mariée, deux enfants, que je reçois dans un contexte d’arrêt de travail pour burn-out. Cette constatation, empreinte de culpabilité, que nous entendons régulièrement au sein de nos consultations, arrive assez vite dans le discours. Plusieurs entretiens, inspirés de l’approche narrative, ont permis à Mme A. de mettre en lumière une caractéristique identitaire, une valeur, présente tant dans la sphère professionnelle que personnelle ou amicale : « être présente pour les autres ».

Les personnes familiarisées aux thérapies narratives et aux apports de Julien Betbèze à ce sujet savent qu’il nous faut travailler sur les valeurs, mais dans un double aspect : relationnel et d’autonomie (1). (Une valeur n’est dite pleine et entière que lorsque son aspect relationnel n’empêche pas l’autonomie et vice versa. Par exemple : la bienveillance envers les autres sans autonomie amène au sacrifice obligatoire ; l’autonomie sans bienveillance entraîne l’égoïsme.) Pour MmeA., seul le versant de la relation à l’autre est présent. Comment aider cette femme à ce que cette valeur qu’elle affectionne ne la mène pas vers le sacrifice d’elle-même ? Elle constate en effet que cette caractéristique la pousse parfois dans des extrêmes, qui l’ont d’ailleurs conduite à son état d’épuisement actuel. Et à nouveau, cette fameuse phrase : « je dois apprendre à dire non ».

Mais comment dire non lorsqu’il s’agit d’une de nos valeurs ? Comment éviter qu’elle entende une injonction du type « essayez de penser à vous d’abord » ? C’est d’ailleurs ce qui se passe dans les « tentatives de solution qui aggravent le problème » opérées par la patiente ou par son entourage qui la pousseraient à « pense un peu à toi », « sois un peu égoïste, narcissique, oublie un peu les autres parfois »... Discours soit inaudible, soit totalement théorique pour la patiente et qui, dans tous les cas, entraîne de la résistance (d’autant plus, comme on l’a dit, que l’égoïsme est la résultante de l’aspect « autonomie » de la valeur, sans bienveillance, ce que les patients veulent fuir). Encore plus, comment éviter qu’elle craigne qu’on la pousse à carrément renoncer, s’opposer à une valeur qui la constitue, ce qui ne peut que la pousser à résister ?... Nous pourrions plutôt considérer que cette valeur n’est qu’« à demi remplie », qu’il manque son côté autonomie. Mais au lieu de glaner longuement des histoires centrées sur ces prises d’initiatives, des exceptions qui seront peut-être vécues comme fortuites par cette personne en posture « plaignante », je décide plutôt de recadrer son problème sous la forme d’une métaphore. « Vous voyez ma bibliothèque ? Est-ce que vous pourriez imaginer que j’ai la même bibliothèque, là de l’autre côté de mon bureau ? Si je vous demandais de m’aider à déménager tous mes livres de cette bibliothèque à l’autre, je suis sûre que vous accepteriez… parce que vous êtes sympa, vous aimez aider les autres. Du coup, vous m’aideriez. Je vous donnerais deux livres, mais comme je ne sais pas ce que vous êtes capable de porter et que j’aimerais aller rapidement dans mon déménagement, je ne vous laisserais pas partir si vite. Et vous accepteriez, parce que vous êtes sympa, vous ne dites jamais non pour aider les autres… Je vous en ajouterais deux autres... puis encore deux... et puis comme vous ne diriez rien (peut-être penseriez-vous : “elle va s’apercevoir que ça devient lourd, elle va s’arrêter”)… mais comment est-ce que je peux savoir si c’est lourd pour vous, je ne sais pas, peut-être que vous êtes super musclée, peut-être que je pense que vous pouvez porter beaucoup, peut-être que je me dis que si vous ne m’arrêtez pas c’est que vous pouvez encore en prendre…

Mais en réalité, c’est surtout que vous êtes sympa et que vous aimez aider les autres… vous ne diriez pas non, c’est pour m’aider… Bref, je continue, j’ajoute des livres... jusqu’à un moment où vos bras ne peuvent plus rien supporter de plus, qu’ils lâchent et que finalement tous les livres tombent au sol. Alors bien évidemment, je ne serais pas contente, parce qu’ils seront tombés, probablement cornés, abîmés, et surtout parce que vous ne pourrez plus m’aider, je vais finalement devoir me débrouiller toute seule. Et vous, vous serez triste, pour les mêmes raisons, parce que vous êtes sympa, et que vous voulez aider les autres, pas leur causer du tort, parce que vous ne m’avez pas du tout dit non. »

La patiente est émue... « Alors que, imaginons à un moment donné, si vous m’aviez simplement peut-être pas dit non, mais dit “là, je porte déjà beaucoup, je vais juste déposer ces livres et je reviens en prendre d’autres”... Eh bien je crois que j’aurais dit “OK !”. Parce que je sais que c’est important pour vous d’aider les autres, que vous ne seriez pas partie au passage et que vous seriez revenue dès que vous l’auriez pu…

Vous savez… on entend beaucoup parler du “prendre soin de soi”, et les personnes comme vous, qui se sacrifient, on leur conseille souvent de “prendre soin de soi”. Et généralement cela veut dire : prendre du temps pour soi, aller chez le coiffeur, l’esthéticienne, dans un spa, faire du sport, de la méditation… toutes ces choses qu’on nous vend tous les jours. Alors oui, c’est bien, ça fait du bien.
Mais pour moi prendre soin de soi ce n’est pas ça. Prendre soin de soi c’est de temps en temps, voire même régulièrement, s’arrêter et regarder ce qu’on porte, évaluer ce qu’on porte. Si nos bras sont capables de porter encore d’autres livres qu’on souhaite nous déposer au passage, d’accord, mais lesquels ? Il reste vraiment de la place pour une encyclopédie de vingt volumes que votre collègue veut gentiment vous refourguer ? Ou pour un feuillet de quelques pages ? Rien du tout car vos bras sont déjà pleins de livres importants ? Voire même ne faudrait-il pas déjà en déposer quelques-uns ? Prendre soin de soi ne serait-ce pas simplement évaluer à l’instant présent “ce que l’on peut encore” et savoir dire “là maintenant, je ne peux pas plus, aujourd’hui je ne peux pas plus, à un moment donné ça a peut-être été différent ou ça le sera peut-être de nouveau, j’aurais déposé quelques livres, mais là maintenant, je ne peux pas. Et dès que je pourrai, pas de soucis, je le ferai” ?
Et je me demande si, la prochaine fois que quelqu’un vient vous demander quelque chose, si simplement vous vous posiez pour voir si ça ressemble un peu à cela. Si cette image correspond un peu à ce que vous vivez ? Si ça a un sens d’évaluer à ce moment-là combien de livres vous portez déjà et si vous pouvez en prendre d’autres, juste observer ça ? »
Dans cet exemple, la métaphore n’est pas seulement présentée pour rendre plus concrète une idée purement « cognitive ». Elle présente le problème du patient sous un nouveau jour, opérant un recadrage qui permet au patient une prise de conscience différente du fonctionnement de son problème (et non pas de son origine). Mais elle ouvre directement des perspectives vers des solutions concrètes au travers d’une tâche particulière d’observation. Elle est au coeur de toute la stratégie et en contient tous les éléments C’est une situation classique : la connaissance « cognitive » est la plupart du temps déjà présente chez le patient, qui s’est souvent entendu dire : « vous devriez apprendre à dire non, à vous affirmer » (comme le montre d’ailleurs l’exemple clinique de MmeA. qui a bien intégré cette notion), mais « ça ne marche pas », cette exhortation ne fonctionne pas, c’est bien « intégré dans la tête » mais ça ne passe pas « dans le corps », ça résiste.

On observe d’ailleurs souvent que si l’on donne la connaissance sur un plan cognitif, on se heurte même potentiellement à un rejet, une résistance, surtout chez le patient en posture « plaignante » qui se dit alors qu’on lui impose une solution présentée comme simple et évidente, et donc qu’on ne l’écoute pas.

Ce qui va induire un changement, d’un point de vue thérapeutique, est de pouvoir « intégrer corporellement » la notion, qui jusqu’à maintenant était bien présente sur le plan cognitif. Souvent la métaphore la rend plus « imaginaire », plus vivante, la cognition devient plus chaude et plus sensorielle. Mais on veut arriver à l’expérientiel : le changement dans la vie réelle du patient. Changement qui souvent va être matérialisé par une tâche.


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ALICIA MANGEOT Psychologue, psychothérapeute, installée depuis 2019 en libéral à Verdun (Meuse). Formée à l’hypnose ericksonienne et aux thérapies brèves (thérapies orientées solutions, thérapies narratives, thérapies stratégiques et intégration par les mouvements oculaires) à l’UTHyL Nancy. Formée à l’Education thérapeutique du patient atteint de maladie chronique. Formatrice au sein de l’UTHyL Nancy et du CHTIP Collège d'Hypnose et Thérapies Intégratives de Paris

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N°65 : Mai, Juin, Juillet 2022


Sommaire de ce n°65 :
. Julien Betbèze, rédacteur en chef, éditorial : « Créer des liens »

. Jean-Marc Benhaiem nous invite à ne pas nous focaliser sur le symptôme mis en avant dans la demande thérapeutique : il s’agit plutôt de chercher à mobiliser l’énergie bloquée dans d’autres symptômes apparemment secondaires, et ainsi de désorganiser les rigidités pathologiques et amener le changement. Une clinique pleine de sagesse !

. Sophie Tournouër utilise le questionnement centré solution pour défaire les addictions sexuelles conjuguées à la prise de produits psychoactifs. Le déroulé du verbatim nous permet de saisir la logique interne aidant les individus à se libérer de cette pratique asservissante du « chemsex ».

. Mady Faucoup Gatineau nous prend par la main pour rencontrer Théo, un rebelle de 5 ans qui fait sa loi et sème la zizanie dans la famille. Nous découvrons l’utilité de la TLMR (thérapie du lien et des mondes relationnels) pour construire un cadre familial sécure dans lequel chacun va pouvoir retrouver sa place.

Dossier thématique : Histoires et métaphores
. Alicia Mangeot nous raconte des métaphores « sur mesure », favorisant ainsi des changements de comportement en rapport avec les intentions relationnelles des patients. Elle nous donne plusieurs exemples d’utilisation stratégique de métaphores (bibliothèque, cercles relationnels, mille-pattes) favorisant la coopération dans la séance, et la réalisation des tâches indirectement proposées.

. Virginie Serrière exprime une grande finesse dans son appropriation du questionnement narratif : à travers l’animation d’ateliers d’écriture, elle témoigne de la possibilité pour chacun de redevenir auteur de sa vie.

. Marie-Clotilde Wurz-de Baets nous montre sa créativité dans l’utilisation du langage métaphorique pour induire une transe de réassociation chez une jeune femme confuse après une rupture sentimentale.

. Espace douleur douceur
. Gérard Ostermann, éditorial : « Autour de la douleur »

. Stéphane Graf nous montre l’importance de ne pas se focaliser sur le symptôme mis en avant dans la plainte, mais d’intégrer la douleur dans l’unité corporelle.

. Stéphanie Delacour, dans un cas de dyspareunie, met aussi en évidence la pertinence de ne pas centrer la thérapie sur le symptôme, et de percevoir le lien entre la douleur et la rupture d’homéostasie. Grâce à sa prise en charge et à la remise en place de compétences émotionnelles et relationnelles, la patiente va retrouver une vie plus sécure avec une nouvelle relation à son corps.Dans cette période de sortie de la Covid, où les salles obscures se remplissent à nouveau, Sophie-Isabelle Martin et David Simon revisitent pour nous la technique de la salle de cinéma pour travailler avec des patients douloureux ayant très peu de protection. Les interactions sont très bien décrites, avec les multi-dissociations permettant de travailler en sécurité. Un exemple clinique illustre cette pratique avec pédagogie pour que chacun puisse s’approprier cette technique.

. Sophie Cohen expose un cas de bruxisme lié à des croyances limitantes autour des combats de la vie. Après une régression en âge, la patiente pourra retrouver son regard émerveillé de petite fille devant la photo d’une forêt et retrouver ainsi calme intérieur et détente.

. Christine Allary nous emmène en mission humanitaire et nous fait partager la conduite d’une séance d’hypnose faite en traduction simultanée avec le chirurgien. Elle décrit avec précision les effets de cette technique novatrice et fédératrice pour les participants.

. Serge Sirvain décrit une situation clinique émouvante dans laquelle il est amené à mettre en place une sédation terminale chez une patiente de 93 ans atteinte d’une tumeur digestive invasive. Il explique comment la position de non-savoir et l’imaginaire partagé autour d’une métaphore culinaire vont accompagner un endormissement terminal apaisé et en relation.

Et nos rubriques
. Nicolas D’Inca : culture monde « Une perceptude venue du désert ».
. Adrian Chaboche : Les champs du possible « Un lâcher de ballon bien étrange ».
. Sophie Cohen, nouvelle rubrique : bonjour et après « Clémentine et la chaleur qui fait fondre la plaque ».
. Stefano Colombo et Muhuc : Quiproquo… « Métaphores »



Rédigé le Dimanche 6 Novembre 2022 modifié le Dimanche 6 Novembre 2022
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Laurent Gross
Laurent Gross, est Hypnothérapeute et Kinésithérapeute à Paris. Psychothérapeute certifié ARS en... En savoir plus sur cet auteur





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