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Encrer l’intention. Revue Hypnose & Thérapies Brèves 65

QUAND L’ÉCRITURE SUBLIME LA NARRATIVE



Encrer l’intention. Revue Hypnose & Thérapies Brèves 65
Dans l’atelier d’écriture de l’auteure, « soigneuse d’histoires » comme elle se définit, les patients sont invités à rencontrer la Narrative et à encrer leurs mots (« maux » ?) comme moyen thérapeutique. « (…) Comme un parfait alchimiste et comme une âme sainte car j’ai de chaque chose extrait la quintessence. Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or », confie Baudelaire en 1861 dans son épilogue de la deuxième édition des Fleurs du mal. En 1990, Michael White et David Epston écrivent dans Narrative Means to Terapeutic Ends : « Le sens découle de la structuration de l’expérience en histoires (…), la représentation de ces histoires est con - stitutive de la vie et de ses relations. » L’écriture et l’approche narrative conféreraient- elles une existence et une force aux récits telles, qu’ils seraient transmutation et accès à l’élixir de vie ? Histoire d’une rencontre, celle des ateliers d’écriture et de la thérapie narrative.

DÉFAIRE LE POUVOIR DE L’ANOREXIE

« Le serpent Anor attendait son heure. La jeune fille était solaire, belle, intelligente, sympathique, généreuse, drôle, volontaire. Son corps était parfait, bien proportionné, elle avait la grâce de la danseuse… » Muriel lit les mots déposés sur la feuille avec une délicatesse infinie. L’émotion se devine derrière chaque syllabe prononcée. Sa fille, Sara, écoute. Avec la même délicatesse. Depuis deux ans, « Anorexie » s’est installée chez Sara, elle a même pris ses quartiers dans la famille. Elle régente, décide, ordonne, inquiète. Il semblerait même qu’elle s’installe habilement au sein du corps médical qui dit ne plus comprendre. « La jeune fille était le trésor de ses parents. Mais la famille était en proie avec les tourbillons de la dépression du père. Le serpent Anor a trouvé la situation très intéressante… », continue à lire Muriel. La gorge se noue. Le souffle se suspend. Elle lève les yeux vers sa fille comme pour maintenir le fil de soie qui les relie.
C’est ma deuxième rencontre avec cette maman et sa fille. Elles sont arrivées jusqu’à mon atelier par le biais de l’association Solidarité Anorexie Boulimie finistérienne. Un « pourquoi pas » mêlé d’un goût certain pour l’écriture leur a fait faire le premier pas. Pour ce second atelier, j’avais remis à chacune une enveloppe dans laquelle se trouvait une proposition d’écriture, précédée de questions narratives « externalisantes » et de quelques indications quant au rituel à instaurer. Voici ce que l’enveloppe contenait : « Choisissez un endroit, au calme de préférence, où vous ne serez pas dérangée. Décidez d’un rituel (une bougie, une musique, un parfum, un vêtement, une photo, un objet...). C’est un rendez-vous avec vous. Prenez votre cahier ou des feuilles et un crayon. Quand vous serez installée, posez votre attention quelques instants sur votre respiration, observezla, accueillez-la, elle va guider votre écriture. Elle est votre alliée. Ensuite, lisez les questions qui suivent :
- A quoi ressemble cette Anorexie dont vous me parlez ?
- Si c’était le personnage d’une histoire, quel nom lui donneriez-vous ?
- Quand est-il arrivé chez vous ?
- Comment a-t-il fait pour entrer ?
- Qu’est-ce qui lui a donné envie de s’installer ?
- Comment agit-il ?
- Que vous dit-il ?
- De quelle manière affecte-t-il votre vie ?
Enfin, je vous invite à répondre à ces questions en rédigeant l’histoire de ce personnage sous la forme d’un conte, d’une fable ou d’une narration. Lors de notre prochain atelier, je vous convierai à lire votre écrit, ou une partie de celui-ci. Ma confiance vous accompagne. » En leur remettant leur « missive », je leur avais demandé si chacune était prête à vivre ce temps d’écriture, seule, puis à le partager lors de notre prochain rendez-vous. Muriel et Sara avaient acquiescé avec une appréhension mêlée de curiosité.

« La jeune fille s’était déjà beaucoup contrôlée pour ne pas chagriner davantage ses parents dans leur malheur. Le serpent Anor lui conseilla alors de continuer dans cette voie. Celle de la perfection. Contrôler pour échapper au chaos. Son alimentation devait être encore plus saine. Son corps plus musclé, plus fin. Sa chambre encore plus rangée, plus propre. Ses résultats scolaires encore meilleurs. Le serpent Anor lui ordonna encore et encore. Là, tu peux te donner à fond et je te garantis le bonheur, l’extase ! » La voix de Muriel se fait forte, presque rageuse, on croirait voir les mots se lever et marcher. Comme si le serpent Anor se tenait là, sous mes yeux et ceux de Sara absorbée par le récit. Comme si les mots d’Anor faisaient écho à ceux de Sara lus quelques minutes auparavant, extraits de son histoire intitulée « Il était une fois » : « Anorexie a englouti la jeune fille de 13 ans (…) Elle est devenue moi. Je suis devenue Elle. Plongée dans un grand tourbillon, un gouffre sans fond. »
Le récit a décidément une force insoupçonnée parce que son langage narratif n’est pas déterminé seulement par des règles et des mécanismes qui lui sont propres mais aussi par tout un système de pensée, d’action et de valeur, par ce que Wittgenstein appelle une « forme de vie ». Quant à l’écriture d’un récit, elle change savamment notre manière de communiquer mais aussi la nature de ce que nous communiquons. Elle fait de nous, « simples témoins impuissants », des « créateurs », comme le souligne Boris Cyrulnik dans La nuit j’écrirai des soleils. On écrit « pour donner forme à un monde incertain, pour sortir de la brume en éclairant un coin de notre monde mental », ajoute-t-il. Convertir les représentations en écriture, c’est comme « se dessaisir de soi-même afin de se laisser saisir par les personnages », c’est aller au-delà d’une démarche cathartique et par le geste graphique, rendre visible l’invisible.

HISTOIRE D’UNE RENCONTRE AVEC LA THÉRAPIE NARRATIVE ET CRÉATION D’UN ATELIER D’ÉCRITURE

La thérapie narrative est en résidence à mon atelier depuis plus de sept ans.

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VIRGINIE SERRIÈRE Praticienne narrative, créatrice de Tout-l’Or-des- Mots. Master de langue et littérature, formée à la thérapie narrative à Mimethys et l’ARePTA, à l’hypnose ericksonienne à Hexafor, aux pratiques et recherches autour des ateliers d’écriture au CREPS à Nantes, à l’Arbre de vie avec Dina Scherrer à Paris, à l’accompagnement des personnes à haute sensibilité à Pilgrim Formations à Angers.


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N°65 : Mai, Juin, Juillet 2022


Sommaire de ce n°65 :
. Julien Betbèze, rédacteur en chef, éditorial : « Créer des liens »

. Jean-Marc Benhaiem nous invite à ne pas nous focaliser sur le symptôme mis en avant dans la demande thérapeutique : il s’agit plutôt de chercher à mobiliser l’énergie bloquée dans d’autres symptômes apparemment secondaires, et ainsi de désorganiser les rigidités pathologiques et amener le changement. Une clinique pleine de sagesse !

. Sophie Tournouër utilise le questionnement centré solution pour défaire les addictions sexuelles conjuguées à la prise de produits psychoactifs. Le déroulé du verbatim nous permet de saisir la logique interne aidant les individus à se libérer de cette pratique asservissante du « chemsex ».

. Mady Faucoup Gatineau nous prend par la main pour rencontrer Théo, un rebelle de 5 ans qui fait sa loi et sème la zizanie dans la famille. Nous découvrons l’utilité de la TLMR (thérapie du lien et des mondes relationnels) pour construire un cadre familial sécure dans lequel chacun va pouvoir retrouver sa place.

Dossier thématique : Histoires et métaphores
. Alicia Mangeot nous raconte des métaphores « sur mesure », favorisant ainsi des changements de comportement en rapport avec les intentions relationnelles des patients. Elle nous donne plusieurs exemples d’utilisation stratégique de métaphores (bibliothèque, cercles relationnels, mille-pattes) favorisant la coopération dans la séance, et la réalisation des tâches indirectement proposées.

. Virginie Serrière exprime une grande finesse dans son appropriation du questionnement narratif : à travers l’animation d’ateliers d’écriture, elle témoigne de la possibilité pour chacun de redevenir auteur de sa vie.

. Marie-Clotilde Wurz-de Baets nous montre sa créativité dans l’utilisation du langage métaphorique pour induire une transe de réassociation chez une jeune femme confuse après une rupture sentimentale.

. Espace douleur douceur
. Gérard Ostermann, éditorial : « Autour de la douleur »


. Stéphane Graf nous montre l’importance de ne pas se focaliser sur le symptôme mis en avant dans la plainte, mais d’intégrer la douleur dans l’unité corporelle.

. Stéphanie Delacour, dans un cas de dyspareunie, met aussi en évidence la pertinence de ne pas centrer la thérapie sur le symptôme, et de percevoir le lien entre la douleur et la rupture d’homéostasie. Grâce à sa prise en charge et à la remise en place de compétences émotionnelles et relationnelles, la patiente va retrouver une vie plus sécure avec une nouvelle relation à son corps.Dans cette période de sortie de la Covid, où les salles obscures se remplissent à nouveau, Sophie-Isabelle Martin et David Simon revisitent pour nous la technique de la salle de cinéma pour travailler avec des patients douloureux ayant très peu de protection. Les interactions sont très bien décrites, avec les multi-dissociations permettant de travailler en sécurité. Un exemple clinique illustre cette pratique avec pédagogie pour que chacun puisse s’approprier cette technique.

. Sophie Cohen expose un cas de bruxisme lié à des croyances limitantes autour des combats de la vie. Après une régression en âge, la patiente pourra retrouver son regard émerveillé de petite fille devant la photo d’une forêt et retrouver ainsi calme intérieur et détente.

. Christine Allary nous emmène en mission humanitaire et nous fait partager la conduite d’une séance d’hypnose faite en traduction simultanée avec le chirurgien. Elle décrit avec précision les effets de cette technique novatrice et fédératrice pour les participants.

. Serge Sirvain décrit une situation clinique émouvante dans laquelle il est amené à mettre en place une sédation terminale chez une patiente de 93 ans atteinte d’une tumeur digestive invasive. Il explique comment la position de non-savoir et l’imaginaire partagé autour d’une métaphore culinaire vont accompagner un endormissement terminal apaisé et en relation.

Et nos rubriques
. Nicolas D’Inca : culture monde « Une perceptude venue du désert ».
. Adrian Chaboche : Les champs du possible « Un lâcher de ballon bien étrange ».
. Sophie Cohen, nouvelle rubrique : bonjour et après « Clémentine et la chaleur qui fait fondre la plaque ».
. Stefano Colombo et Muhuc : Quiproquo… « Métaphores »



Rédigé le Dimanche 6 Novembre 2022 modifié le Dimanche 6 Novembre 2022
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Laurent Gross
Laurent Gross, est Hypnothérapeute et Kinésithérapeute à Paris. Psychothérapeute certifié ARS en... En savoir plus sur cet auteur





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