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La recherche clinique en hypnose: focus sur la recherche en psychologie



II - Focus sur la recherche en psychologie

Elle peut se faire sur le terrain clinique ou en laboratoire de recherche (universités, INSERM, CNRS…). Les psychologues sont formés au processus de la recherche dès la 4e année de leurs études, certains poursuivant jusqu’en doctorat de 3e cycle (équivalent du PhD anglo-saxon). En France, seule l’université de Paris 8 (Laboratoire de Psychopathologie et de Neuropsychologie – EA2027) est inscrite auprès de l’HCERES(5) comme possédant un axe de recherche sur les transes, et très particulièrement sur l’hypnose. Pour autant, d’autres laboratoires de psychologie mènent des recherches autour de l’hypnose et de sa pratique, citons par exemple l’université de Bourgogne Franche-Comté, de Picardie ou encore de Paris 10 - Nanterre. Un groupe de recherches interuniversitaires autour des transes existe depuis 2017, réunissant 9 laboratoires de recherche et dont le 1er colloque interuniversitaire « hypnoses et transes » a eu lieu en février 2019 se faisant l’écho des premières avancées.

Le nombre de thèses de 3e cycle en psychologie questionnant l’hypnose reste encore modeste en France (18 thèses en psychologie soutenues ont le terme « hypnose » ou « hypnothérapie » en mot clef (6) ; 6 sont en cours). Cela est principalement dû à un déficit d’enseignants-chercheurs travaillant spécifiquement dans ce champ (à titre d’exemple, seulement 3 professeurs, dont 2 émérites, ont dirigé plus de 2 thèses avec «hypnose» en mot clef).

Et si l’on cherche en amont, l’hypnose reste étudiée dans très peu de cursus universitaires initiaux de psychologie, à quelques exceptions près où un enseignement long existe (Paris 8 par exemple). Elle est par contre citée comme pratique « historique » dans nombre d’entre elles.

La base de données scientifiques référence pour les psychologues est PsycInfo (American Psychological Association). Bien entendu, des articles dans le champ de la psychologie peuvent se retrouver dans d’autres bases de données plus générales (ScienceDirect, Scopus, Cairn…) ou spécialisés (comme Medline, qui est la base de données médicale de référence).

Concernant les besoins pour les États généraux de l’hypnose tenus en préambule à ce livre blanc nous avons procédé à une recension sur les 10 dernières années à partir de ces bases de données PsycInfo. La recherche à partir de « Hypnosis or hypnotherapy » de 2008 à 2018 a donné 1269 entrées (dont : 863 « hypnosis », 473 « hypnotherapy », 54 « hypnotic suggestibility »). 43 de ces articles sont en langue française (France, Belgique, Suisse, Montréal).

• Les grandes thématiques explorées pour l’hypnose

- L’hypnotisabilité (Khodaverdi-Khani et Laurence, 2016 ; Barnier et al, 2014 ; Mazzoni et al, 2014) : la controverse organique / psychique existe toujours pour savoir à quoi attribuer les variations d’entrée dans l’hypnose d’une personne à l’autre. Comme souvent, la vérité est sans doute dans l’idée que les deux niveaux sont impliqués et qu’il reste compliqué de décider qui de la poule ou de l’oeuf... Les travaux se poursuivent donc sur notamment la question du lien entre hypnotisabilité et les processus mémoriels, ou encore de savoir en quoi les liens précoces pourraient influer sur la susceptibilité hypnotique.

5 - Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur
6 - Source : Agence bibliographique de l’enseignement supérieur

- Les manifestations cognitives de l’hypnose (Robin, 2014 ; Kihlstrom, 2014 ; Cardeña 2014 ; Mathieu et al, 2014): comme la mémoire, l’attention, la conscience, les processus inconscients (au sens de : automatiques cependant, car l’étude de l’inconscient non cognitif – Ericksonien par exemple – ne donne lieu à presque aucun écrit scientifique dans des revues qualifiées).

- La psychopathologie (Cardeña et Marcusson-Clavertz 2016 ; Fareng et Plagnol, 2014 ; Cox et al, 2014 ; Bachelart et al, 2013) : là aussi, les travaux continuent à être riches sur les dissociations normales et pathologiques (par exemple, hypnose vs trauma), les processus délirants et hallucinatoires (par exemple, hypnose vs schizophrénie), ou encore pour faire le lien avec le point précédent : les liens entre hypnotisabilité, aptitude aux processus délirants, hauts potentiels. Ajoutons la question de l’hypnose et l’aptitude aux somatisations, qui ne sont pas réglées depuis Charcot, avec même des hypothèses laissant penser que ce dernier n’avait finalement peut-être pas tout à fait tort.

- Les indications (Leplus-Habeneck et Bioy, 2016 ; Ong et al, 2015 ; Jensen et Patterson, 2014 ; Green et al, 2014; Alladin, 2010) : la douleur bien entendu (chronique pour ces travaux en psychologie), et aussi les troubles anxieux (phobie, attaque de panique…), la perte et la dépression sont majoritairement représentés.

- Les processus thérapeutiques et psychothérapeutiques : (Chabridon et al, 2018 ; Bioy, 2017 ; Lynn er Laurence, 2015, Bioy, 2015 ; Varga, 2014 ; Halligan et Oakley, 2014 ; Bonshtein, 2012 ; Bioy et Nègre, 2010) avec principalement l’étude des dynamiques relationnelles, les effets des différentes procédures notamment en lien avec les processus métaphoriques et aussi la suggestion. Mais aussi l’exploration des différents courants et leur « croisement » avec l’hypnose au sein de diverses techniques (comme hypnose et TCC par exemple).

On observe donc une richesse de la recherche sur l’hypnose en psychologie, qui s’intéresse de plus en plus aux effets et à la dynamique des processus internes et relationnels plutôt qu’à l’efficacité de l’hypnose sur un symptôme, sujet plutôt laissé au monde médical. Ce mouvement pour saisir ce que l’on peut finalement appeler « l’expérience hypnotique » se renforce progressivement avec un intérêt de plus en plus marqué pour les méthodes qualitatives centrées sur les vécus des patients et en quoi ces vécus participent des effets obtenus, au-delà de la simple technique hypnotique. Concernant la situation en France, elle réclame un soutien plus appuyé de la promotion des enseignants-chercheurs travaillant ces thématiques, en même temps qu’un effort pour donner une vraie place à l’étude de l’hypnose dans les cursus initiaux de psychologie et de psychopathologie.

Bibliographie

Alladin, A. Evidence-based hypnotherapy for depression International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, Vol 58(2), Apr, 2010 pp. 165-185.

Bachelart, M., Bioy, A., & Crocq, L. (2013). L’hypnose Ericksonienne et sa pratique dans le trauma psychique. Annales Médico psychologique, 171 (9), 667-670

Barnier AJ, Cox RE, McConkey KM. The province of ‘highs’: The high hypnotizable person in the science of hypnosis and in psychological science. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014. Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. pp. 168-183.

Bioy, A. (2017). L’hypnose. Paris : PUF (Que sais-je ?).

Bioy, A. (2015). Le travail métaphorique en hypnothérapie dans un cadre de thérapie familiale : éléments cliniques. Cahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux, 2 (55), 11-23

Bioy, A., & Nègre, I. (2010). Analogy in metaphors. European Journal of Clinical Hypnosis, 10 (1), 2-9.

Bonshteil U. Relational Hypnosis. International Journal of Clinical and Experimental Hypnosis 60(4):397-415

Cardeña E. Hypnos and psyche: How hypnosis has contributed to the study of consciousness. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014. Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. Pp. 123-138.

Cardeña, Etzel; Marcusson-Clavertz, David ; The relation of hypnotizability and dissociation to everyday mentation: An experience-sampling study. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 3(1), Mar, 2016 pp. 61-79

Chabridon G, Nekrouf N., Bioy A. (2018). État des lieux des pratiques actuelles de l’hypnose au sein des centres hospitaliers universitaires français. Encéphale, 43 (5), 498-501

Cox, Rochelle E. ; Barnier, Amanda J. ; Scott, Andrew; An hypnotic analogue of alien control: Modeling the delusion and testing its impact on behavior and self monitoring. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(4), Dec, 2014 pp. 407- 430

Fareng M, Plagnol A. Dissociation et syndromes traumatiques : apports actuels de l’hypnose.. PSN - psychiatrie, sciences humaines, neurosciences, Springer Verlag, 2014, 12 (4), pp.29-46.

Green JP, laurence JR, Lynn SJ. Hypnosis and psychotherapy: From Mesmer to mindfulness. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014. Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. Pp. 199-212.

Halligan PW, Oakley DA. Hypnosis and beyond: Exploring the broader domain of suggestion. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014.
Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. Pp. 105-122.

Khodaverdi-Khani M, Laurence JR. Working memory and hypnotizability. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 3(1), Mar, 2016. pp. 80-92.

Kihlstrom JF, Hypnosis and cognition.Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014. Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. Pp. 139-152.

Jensen M, Patterson DR. Hypnotic approaches for chronic pain management: Clinical implications of recent research findings. American Psychologist, Vol 69(2), Feb- Mar, 2014 Special Issue: Chronic Pain and Psychology. Pp. 167-177.

Leplus-habeneck, JS, Bioy, A. (2016) Un autre visage de la douleur : accompagnement hypnothérapeutique d’un deuil pathologique exprimé par des névralgies post-zostériennes. In

N. Dumet, L. Fernandez (Eds). Psychopathologie clinique du somatique : 12 études de cas. Paris : InPress.

Lynn SJ, Laurence JR. Hypnosis, suggestion, and suggestibility: An integrative model.American Journal of Clinical Hypnosis, Vol 57(3), Jul, 2015. pp. 314-329.

Mathieu L, Appourchaux K, Raz A. Elucidating unconscious processing with instrumental hypnosis.Frontiers in Psychology, Vol 5, Jul 28, 2014. ArtID: 785

Mazzoni G, Laurence JR, Heap M. Hypnosis and memory: Two hundred years of adventures and still going! Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(2), Jun, 2014. Special Issue: Hypnosis: Contributions to Psychological Science and Clinical Practice. Pp. 153-167.

Robin F. (2014), Hypnose. Processus, suggestibilité et faux souvenirs, De boeck

Varga K, Jozsa E, Kekecs Z. Comparative Analysis of Phenomenological Patterns of Hypnotists and Subjects: An Interactional Perspective. Psychology of Consciousness: Theory, Research, and Practice, Vol 1(3), Sep, 2014. pp. 308-319.

Ong, Anthony D.; Zautra, Alex J.; Reid, M. Chronic pain and the adaptive significance of positive emotions. Carrington; American Psychologist, Vol 70(3), Apr, 2015 pp. 283-284.




Rédigé le Mardi 3 Mars 2020 modifié le Mardi 3 Mars 2020
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Marion CHERVY
Rédactrice de Psychothérapie.fr En savoir plus sur cet auteur





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